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Leçon 2. Vaincre le perfectionnisme

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“Le mieux est l’ennemi du bien” Proverbe

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La poursuite de l’excellence est très saine et très satisfaisante psychologiquement. La poursuite de la perfection par contre est frustrante, insensée et constitue une terrible perte de temps. Lutter contre le perfectionnisme est primordial pour mener vos projets vers le succès, car le perfectionnisme, lorsqu’il est excessif et maladif, paralyse l’action.

Selon de nombreux chercheurs, les racines même du perfectionnisme proviennent d’un immense besoin de se faire accepter. Nous essayons donc d’être parfait afin d’éviter toute critique, tout jugement négatif ou tout rejet de la part des autres.

Tal Ben-Shahar, professeur de psychologie à Harvard, distingue le perfectionnisme maladif d’une version positive, l’optimalisme, qu’il définit comme une manière de viser le meilleur tout en tenant compte de la réalité, des contraintes de l’environnement et de ses propres limites.

Êtes-vous une personne consciencieuse (optimaliste) ou perfectionniste ?

La personne consciencieuse s’impose des standards d’excellence humainement possibles à atteindre. Elle sait doser ses efforts et établir ses priorités sans toutefois négliger l’importance des détails. Elle demeure flexible et sait ajuster ses propres exigences selon le contexte ou l’importance de l’activité. Elle est autocritique, accepte ses propres erreurs et cherche à les corriger. Elle éprouve du plaisir et de la satisfaction dans la réalisation de ses projets et dans l’atteinte de ses objectifs personnels. Elle entrevoit l’avenir de façon réaliste et cherche à prévenir les difficultés. Si celles-ci surgissent, elle cherche et met en place des solutions.

La personne perfectionniste s’impose des standards d’excellence extrêmement difficiles à atteindre, voire impossibles. Elle ne sait doser ses efforts, se surinvestissant parfois dans des activités de moindre importance au détriment de certaines plus prioritaires. Pour elle, les détails comptent autant que l’ensemble et elle demeure inflexible dans le choix de ses priorités et de ses façons de faire. La personne perfectionniste a de la difficulté à travailler en équipe et à déléguer. Elle doute constamment d’elle-même et n’accepte pas ses limites et ses imperfections. Sa valeur en tant que personne dépend de ses succès et de sa réussite. Elle se juge sévèrement et accepte mal la critique. La moindre erreur est vécue comme une cuisante défaite. La personne perfectionniste est une éternelle insatisfaite et ressent très souvent de l’anxiété, de la honte et de la culpabilité. Elle appréhende l’avenir et redoute l’échec.

Quelques conseils pratiques pour vaincre le perfectionnisme

Prendre conscience

Si vous souhaitez surmonter votre perfectionnisme, il faut, en tout premier lieu, prendre conscience de ses effets néfastes. Pour cela, dressez la liste des avantages et des inconvénients qu’entraîne la recherche de la perfection. Vous pouvez, par exemple, vous demander si vous obtenez nécessairement de meilleurs résultats lorsque vous vous fixez des objectifs très élevés. Après cet exercice, vous constaterez que cette recherche rapporte bien peu pour ce qu’elle vous en coûte.

Remettez en question votre système de valeur

Les perfectionnistes adoptent souvent un système de valeur basé sur l’accomplissement et la réussite. Pour plusieurs, leur valeur en tant qu’individu est directement reliée à l’importance de leurs réalisations. Ils croient que s’ils produisent des travaux de qualité, cela signifie qu’ils sont de bonnes personnes. Il est important de distinguer notre valeur personnelle de nos actes.

Donnez-vous des permissions

Pour passer du perfectionnisme à l’optimalisme, il faut commencer par être bienveillant avec soi-même et se donner des permissions. La permission de se tromper, et d’échouer : première condition de l’apprentissage. On ne peut pas réussir tout parfaitement du premier coup. Faites de votre mieux selon les circonstances qui vous sont données et reconnaissez vos limites. En acceptant d’être faillible, vous relâchez la pression et le contrôle sur vous-même. Parvenir à développer pleinement ses habiletés est un processus continu qui demande temps et discipline. Focalisez-vous sur cet apprentissage et non uniquement sur le résultat final. Ayez à l’esprit l’objectif d’augmenter vos connaissances et compétences sur le long terme, quelle que soit l’action que vous entreprenez et l’issue qu’elle rencontre.

Soyez attentif aux signaux qui caractérisent l’excès

Fatigue, tension, frustration, isolement, procrastination, pensées obsessionnelles autour du travail, perte d’intérêt pour les autres domaines de sa vie : autant de signaux indiquant que le perfectionnisme devient toxique. Écoutez également les signaux dans le travail lui-même : difficultés à respecter les délais, relations dégradées avec les collègues. Un signal fort : lorsque l’anxiété remplace la motivation. Lorsque vous ressentez de l’insatisfaction, de la frustration, de l’abattement, de l’anxiété ou de l’épuisement, interrogez-vous, tentez d’identifier ce qui vous met dans cet état. Vérifiez, à titre d’exemple, si vous n’êtes pas en train de vous demander l’impossible.

Élargissez votre vision des choses

La clé est de se décentrer de sa vision des choses (et donc de son propre niveau d’exigence) pour se resituer dans la réalité du projet. Qu’est-ce qui est important dans le projet ? Revenez à des objectifs concrets sans chercher vous-même à en relever le niveau à tout prix.

Travaillez sur du concret

La règle d’or est d’organiser son travail en fonction de ses capacités (intellectuelles, physiques, émotionnelles…) et pas seulement en fonction de ses compétences. En effet si les compétences des perfectionnistes dépassent souvent la norme, il n’en va pas de même de leurs capacités à tenir dans la durée. Pour progresser, il faut travailler sur du concret. Découpez les étapes d’un projet de manière réaliste, prévoyez la durée de chaque tâche en vous donnant une marge raisonnable, et observez-vous dans la tenue des délais.

Faites un tableau de bord

L’important, c’est de procéder par petites étapes. Par exemple se limiter à la consultation de dix livres et non quinze pour préparer une conférence, ne relire son rapport que trois fois au lieu de six… Une fois par semaine, faites un point sur la manière dont vous vous êtes comporté dans vos projets. Ce qui vous a réussi, ce qui a été plus difficile, ce qui vous a aidé ou handicapé pour tenir votre programme.

Fixez-vous des objectifs réalistes et restez flexible

Fixez-vous des objectifs réalistes et réalisables, basés sur vos besoins et vos désirs, plutôt qu’en réponse à des attentes extérieures. Certaines personnes passent la majeure partie de leur temps sur des choses d’importance secondaire. Avant d’investir plus de temps que nécessaire dans un travail, questionnez-vous sur la pertinence de ce projet par rapport à vos objectifs. Le temps que vous accordez à un projet doit toujours correspondre à la valeur de ce projet par rapport à vos objectifs et non par rapport à ce que vous ressentez. Révisez et modifiez vos objectifs afin de les rendre accessibles. La personne qui poursuit des objectifs atteignables et qui ajuste ses propres exigences en fonction des circonstances, gagnera davantage confiance en elle et verra, par le fait même, sa motivation augmenter. Plus vous vous fixerez des objectifs modérés, plus votre rendement et votre satisfaction augmenteront. Lorsque vous envisagez de vous lancer dans un projet ou de réaliser une activité, prenez un peu de temps et de recul pour établir un plan d’action : celui-ci sera décomposé en objectifs à court et moyen terme qui doivent répondre à deux questions fondamentales :

  • Est-ce que l’objectif que je me fixe est réaliste ?
  • Est-ce je peux mesurer l’avancement de cet objectif ?

En procédant de la sorte, vous savez où vous en êtes à chaque étape de votre projet et surtout vous pouvez vous féliciter de vos réussites, visualiser les prochains objectifs, et rester dans le concret.

Passez à l’action maintenant et perfectionnez plus tard

N’attendez pas d’avoir 100 % des informations sous la main avant de prendre une décision, cela risque de ne jamais arriver. Sauf pour des cas exceptionnels, aussitôt que vous avez plus de 60 % des informations dont vous avez besoin, allez-y et foncez. Observez ce qui se passe et réglez votre tir au bon moment.

Ne vous comparez pas aux autres

La seule personne à qui vous devriez vous comparer, c’est à vous-même. Ne vous attendez pas à être meilleur que les autres dans tout. Cessez d’être en compétition avec le monde entier. Le meilleur de votre talent n’atteint peut-être pas la perfection, mais c’est très bien ainsi.

Ne prenez pas les reproches personnellement

Lorsque vous échouerez ou recevrez des critiques dans le futur, limitez votre réaction à la situation spécifique plutôt que de généraliser et de laisser les critiques influer sur votre estime personnelle. Réalisez que ce n’est pas vous que les gens rejettent, mais plutôt votre travail ou votre offre. N’oubliez pas que vous représentez bien plus que ce que vous faites comme travail.

Déléguez la perfection

Un excellent travail complété à 90 %, qui vous a demandé cinq heures de travail, exigera de vous cinq heures supplémentaires pour accomplir les 10 % qui vous manque pour atteindre la perfection. Le tout est de se demander si l’effort requis en vaut vraiment la peine. Si tel est le cas, déléguez alors la perfection à quelqu’un d’autre.

Définissez vos priorités

Les perfectionnistes s’attardent souvent à ce qui n’est pas essentiel. Afin de répartir votre temps de manière plus profitable, dressez la liste des choses que vous avez à faire et établissez un ordre de priorités. Suivez cet ordre et assurez-vous de bien doser vos efforts. Une tâche jugée moins importante ne devrait pas être exécutée en premier et ne devrait pas prendre plus de temps qu’une autre jugée prioritaire.

Portez attention au plaisir ressenti

Imaginez et réalisez des activités en fonction du potentiel de plaisir et de satisfaction qu’elles représentent et non en fonction de leur résultat. Évaluez votre succès non seulement en termes de ce qui a été accompli mais aussi en termes de plaisir ressenti dans la poursuite de ce but.

Prenez un rendez-vous régulier avec vous-même

Dans le cadre de ce rendez-vous régulier, de cette discussion en tête-à-tête avec vous-même, vous pourrez vous remémorer votre journée et faire le point sur votre combat contre votre perfectionnisme ; préparer la journée à venir pour encore faire céder un peu plus votre perfectionnisme. Posez-vous des questions simples et répondez-y honnêtement : « ai-je fait preuve de perfectionnisme ? », « de ce fait, ai-je blessé ou été désagréable avec mon entourage ? », « que dois-je faire, ou ne pas faire, aujourd’hui ? »

Écrivez

Se dire “je suis perfectionniste, et c’est néfaste pour ma vie, mon bien-être et mes proches”, c’est bien. Mais l’écrire, c’est mieux. Je vous conseille de poser noir sur blanc les désagréments de votre perfectionnisme pour pouvoir les relire durant vos rendez-vous avec vous. Le traitement en sera d’autant plus efficace.

Bornez votre temps

Derrière ce conseil se cache 2 déclinaisons :

  • Bornez le temps que vous allouez à vos tâches et activités. En jouant sur cette ressource, vous vous obligez à diminuer le niveau de qualité de votre travail et de vos résultats. Ainsi, vous restreignez les possibilités de retour de votre perfectionnisme.
  • Bornez le temps que vous allouez à chaque domaine de votre vie afin de ne pas en négliger un. Il vous sera bénéfique de vous accorder de vraies plages de repos et de détente, de réserver du temps avec vos proches pour une activité, de vous autoriser à jouir de vos loisirs et passions.

Téléchargez la fiche action de la leçon, répondez au questionnaire, et notez les actions que vous allez mettre en œuvre pour limiter votre tendance au perfectionnisme.

 

 

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